Devenir conseillère en voyages au Québec - certification et aspects légaux

L'une des questions qu'on me pose le plus souvent, c'est "Comment je fais pour devenir conseiller.ère en voyages?". Quelles sont les formations nécessaires? Qu'est-ce que ça prend? Comment ça fonctionne? Je réponds tellement souvent à ces questions que j'ai décidé d'en faire un dossier complet!


Important

Avant de continuer, c'est bien important de comprendre que cet article ainsi que tous les autres du dossier expliquent comment devenir conseiller ou conseillère en voyages au Québec! Les personnes qui ne résident pas au Québec sont soumises à des lois et des façons de travailler complètement différentes.


Maintenant que vous savez un peu comment je me suis retrouvée dans le domaine du voyage et quel genre de formations existent pour travailler dans l'industrie, il est temps pour moi de vous parler des aspects légaux du métier. C'est lourd, c'est loin d'être le bout le plus le fun, mais c'est primordial de comprendre le tout avant de se lancer dans l'aventure.


Comme je l'ai déjà dit, on ne devient pas conseiller ou conseillère en voyages en quelques heures. C'est un métier très accessible car il demande officiellement peu d'études, mais vous devez prendre conscience des responsabilités qu'il implique.



L'Office de la Protection du Consommateur

C'est l'OPC qui régit les agences de voyages au Québec. Ça crée parfois un peu de controverse, puisque l'Office est là pour défendre les droits des consommateurs, et non pas des commerçants... Mais bon, on n'a pas trop le choix! C'est donc l'Office qui délivre à la fois les permis d'agent de voyages, ainsi que les certificats de conseiller en voyages. La nuance? C'est simple : le permis d'agent est nécessaire pour opérer une agence de voyages. Tous les propriétaires de l'agence doivent donc obligatoirement détenir un permis d'agent de voyages. Le certificat de conseiller en voyages, lui, doit être obtenu par toute personne souhaitant travailler pour une agence, que ce soit en tant qu'employé.e salarié.e ou travailleur.se autonome (conseiller.ère externe).


Ainsi, légalement, il est interdit de dire qu'on est "agent de voyages" si on n'a pas le permis d'agent. Les conseiller.ère.s en voyages devraient se nommer ainsi, en tout temps.


Le certificat de conseiller en voyages, ou CCV

Officiellement, n'importe qui peut obtenir son CCV ; il n'y a pas de prérequis. Toutes les étapes sont détaillées sur le site de l'OPC, mais voici quand même un résumé. Comme c'est l'Institut de Tourisme et d'Hôtellerie du Québec (ITHQ), il faut d'abord s'inscrire sur leur site. Vous obtiendrez dès lors votre numéro de CCV, débutant par ces trois lettres. Vous pourrez ensuite choisir une séance d'examen dans votre région (ou ailleurs au Québec si vous avez envie de faire de la route) et acquitter les frais d'inscription. En 2022, l'examen pour le certificat de conseiller en voyages coûte 58$.


En attendant votre examen, vous devez lire le manuel d'étude "Lois et règlements applicables au secteur du voyage". Lisez-le très attentivement et assurez-vous de comprendre toutes les notions, car elles seront abordées lors de l'examen. On y parle entre autres du FICAV, le Fond d'Indemnisation des Clients des Agences de Voyages, des lois sur le marketing, des mentions obligatoires à faire aux clients lors d'une réservation, etc.


Après la réussite de votre examen, vous avez un maximum de 2 ans pour payer l'émission de votre certificat (2022 : environ 60$) et vous affilier à une agence. Après deux ans sans affiliation, ou si le paiement n'est pas reçu, votre certificat sera annulé. Le renouvellement annuel du certificat coûte une trentaine de dollars et ne nécessite pas de passer un nouvel examen.


S'affilier à une agence

Ici, au Québec, la loi nous oblige à être affilié.e à une agence pour vendre des voyages. Il est strictement interdit de vendre des voyages sans avoir lié son CCV à une agence qui détient un permis du Québec. Ainsi, par exemple, il est illégal pour une personne de monter un itinéraire à la carte et offrir à ses proches de réserver les prestations pour eux moyennant une petite rémunération ou un frais de service. C'est non!


Vous devrez donc trouver une agence qui vous fera une place dans son équipe, que vous souhaitiez travailler en succursale ou de la maison. Dès que votre affiliation sera confirmée (ça ne prend que quelques minutes), votre agence pourra commencer à créer vos accès sur les différentes plateformes de réservation.



N'oubliez pas vos responsabilités

Que vous travailliez en agence avec une équipe autour de vous ou encore dans le confort de votre salon (ou de votre condo sous les Tropiques), souvenez-vous que vous êtes responsable de ce que vous réservez pour les voyageurs, qui eux, vous font confiance. Il ne faut pas prendre ce travail à la légère! Vous devrez redoubler d'attention pour éviter toute erreur et proposer des produits logiques selon les demandes des clients, sans quoi vous serez tenu responsable. Votre rôle est également de faire en sorte que les voyageurs aient toutes les informations nécessaires à la réussite de leur voyage.


Il arrive à tout le monde de faire des erreurs, même après plusieurs années d'expérience. Et oui, il existe des assurances "erreurs et omissions", mais généralement, une réclamation sous la barre des 5000$ ne vaut pas la peine. L'agence de voyages à laquelle vous avez affilié votre permis pourrait choisir de vous protéger dans certains cas, mais d'autres non. C'est un aspect à valider lors de la signature de votre contrat.


Ainsi, si vous réservez par erreur un vol au départ de Sydney, Nouvelle-Écosse au lieu de Sydney, Australie, ou encore si vous oubliez de dire à vos clients qu'il leur faut un visa pour aller en Inde, vous pourriez avoir à débourser une somme d'argent considérable pour réparer cette erreur. C'est pourquoi il est primordial de toujours double et triple vérifier toutes les informations.


J'espère que jusqu'à présent, je ne vous décourage pas trop! Travailler dans l'industrie du voyage, c'est vraiment trippant, mais il faut être conscient de la réalité. Vendre des produits à plusieurs milliers de dollars, c'est un peu plus engageant que de vendre des pots en céramique! (Don't get me wrong : j'adore les pots en céramique.)