Devenir conseillère en voyages au Québec - mon histoire

Dernière mise à jour : 12 juin

L'une des questions qu'on me pose le plus souvent, c'est "Comment je fais pour devenir conseiller.ère en voyages?". Quelles sont les formations nécessaires? Qu'est-ce que ça prend? Comment ça fonctionne? Je réponds tellement souvent à ces questions que j'ai décidé d'en faire un dossier complet!


On va commencer du tout début en faisant un survol de mon propre cheminement. Je vais ensuite vous parler des formations possibles, de la certification à obtenir, des deux façons de gagner sa vie en tant que conseiller.ère en voyages, comment fonctionne la rémunération, quels sont les avantages mais également quels sont les obstacles, démystifier quelques mythes (c'est vrai qu'on voyage gratuitement?), etc.


Avant de continuer, c'est bien important de comprendre que cet article ainsi que tous les autres du dossier expliquent comment devenir conseiller ou conseillère en voyages au Québec! Les personnes qui ne résident pas au Québec sont soumises à des lois et des façons de travailler complètement différentes. Ceci étant dit, commençons tout de suite et laissez-moi vous expliquer comment j'ai abouti dans l'industrie du voyage et où j'en suis aujourd'hui.


J'ai commencé mes études post-secondaires en 2006. J'ai d'abord étudié en cinéma, puis en communications, puis en service de la restauration, pour finir dans le programme DEC en musique au cégep de Sherbrooke. Chant classique, pour ceux que ça intéresse! C'est dans ces deux dernières années d'études que j'ai rencontré mon copain, Antoine. En 2012, alors qu'on finissait nos études collégiales, Antoine m'a annoncé qu'il souhaitait déménager à Trois-Rivières pour aller étudier en récréo à l'université. Même si ça faisait moins d'un an qu'on se fréquentait, j'ai sauté à pieds joints dans l'aventure trifluvienne et j'ai commencé à me chercher un boulot. Une annonce avait retenu mon attention : une grosse agence de voyages cherchait de nouvelles recrues. Bon... on demandait de l'expérience. J'en n'avais pas. J'avais voyagé trois ou quatre fois à l'extérieur du pays, mais j'aurais été incapable de pointer Cuba sur une carte. Tant pis! J'ai appliqué quand même. Et je leur ai laissé savoir, à plusieurs reprises, qu'ils ne le regretteraient pas s'ils m'engageaient.


J'ai finalement décroché une entrevue. La personne des ressources humaines m'a donné rendez-vous un soir de semaine, histoire que je puisse faire la route entre Sherbrooke et Trois-Rivières pour aller la rencontrer. Cinq minutes après avoir mis les pieds dans l'agence, c'était le coup de foudre professionnel. Je lui ai démontré que j'avais commencé à nourrir mes connaissances en apprenant des codes d'aéroports et en étudiant les destinations soleil. Avant que je sorte du bureau, c'était déjà officiel : j'avais la job et je commençais deux semaines plus tard.



Deux semaines pendant lesquelles j'ai emménagé dans une nouvelle ville, mais également pendant lesquelles j'ai mis le nez dans mes livres. Ma passion pour les mappemondes a commencé drette là. Le 16 juillet 2012, je me présentais pour ma toute première journée chez l'une des plus grosses agences de voyages au Québec. Puis, à partir de là, tout a été très vite. Je prenais environ 30 à 40 appels par jour pour répondre aux clients et les conseiller sur toutes sortes de destinations et d'hôtels. Le soir, quand j'arrivais chez moi, je continuais à lire sur les produits, les destinations moins connues, j'apprenais les capitales, je mémorisais des cartes, je lisais les brochures des fournisseurs.


Rapidement, j'ai gravi les échelons. En deux ans, je suis passée de conseillère pour le sud à conseillère pour toutes destinations, je suis passée de la centrale d'appels aux bureaux en-avant, là où l'on recevait les clients en personne. J'ai porté le chapeau de cheffe d'équipe pendant quelques mois et j'ai même été la "madame qui souriait" dans une publicité télé de l'agence. Puis, au bout de deux ans et demi, alors que l'agence annonçait de nouvelles acquisitions et l'ouverture de nouvelles succursales, j'ai cogné aux portes des dirigeants de l'entreprise : je souhaitais mettre sur pied un département de formation. On m'a fait confiance, et j'ai construit le département "from scratch". J'ai formé des recrues, j'ai planifié de la formation continue, j'ai organisé des événements et des voyages de formation et, surtout, j'ai développé de sacrés beaux liens avec les acteurs de l'industrie. Parce que dans notre domaine, c'est primordial d'entretenir des liens de qualité avec les fournisseurs - j'en parlerai un peu plus tard.


J'ai fait ça pendant environ deux ans, ce qui nous emmène au mois d'octobre 2016. J'en avais assez de contempler les 4 murs de mon bureau pas de fenêtres. J'avais soif d'aventures et j'avais envie de nouveaux défis. Le contrat de mon copain se terminait et moi, j'ai dit au revoir à ma belle équipe de travail. On a acheté un vieux van aménagé qu'on a appelé Bob, et on est partis faire le tour des États-Unis avec notre chien pendant 4 mois, avant de prendre un dernier mois pour traverser le Canada d'ouest en est. Outre avoir fait beaucoup de route, de la rando en masse et avoir visité un nombre impressionnant de toilettes publiques, l'activité la plus fréquente qu'on a faite fut de découvrir les p'tits cafés locaux tout au long de notre chemin. Deux à trois fois par semaine, on allait s'installer dans un nouveau café pendant quelques heures pour travailler sur des projets personnels. C'est ainsi qu'à notre retour, en avril 2017, j'étais prête à me lancer à mon compte.



Au début de mon aventure de travailleuse autonome, j'ai annoncé une plateforme de formation et d'assistance pour les conseillers et conseillères en voyages. Ça n'a pas fonctionné comme je l'espérais, mais ça m'a, une fois de plus, mise en contact avec des gens qui sont devenus très importants dans ma vie. C'est le cas, entre autres, d'une certaine Vicky. Vicky, 23 ans, remplie d'ambition, me contacte un jour et me dit qu'elle m'a vue sur les réseaux sociaux et souhaite avoir mon opinion : "Ouvrir une agence de voyages à 23 ans et avec peu d'expérience, c'est possible?" J'lui ai répondu que tout était possible, mais que ce serait sans doute pas facile.


Quelques mois après notre première rencontre virtuelle, elle ouvrait son agence et j'étais la toute première conseillère externe à s'y affilier. À ce moment-là, je ne pensais pas vraiment en faire une carrière, mais plutôt un sideline. Aujourd'hui, alors que j'écris ces lignes, Vicky est non-seulement propriétaire de l'agence à laquelle je suis toujours affiliée (Voyage 1001 Destinations), mais également l'une de mes meilleures amies, ma partner in crime.


Avec les années, j'ai compris que c'était vraiment ça qui me faisait vibrer : le conseil voyage. Plus ça allait, plus ma clientèle grandissait de façon complètement naturelle et organique. Si bien qu'un jour, j'ai dû me rendre à l'évidence : j'adorais ça, mais je ne fournissais plus! On a donc décidé ensemble, Vicky et moi, de créer une première division à l'agence : #JeSuisVoyageur. C'est en novembre 2019 que le coup d'envoi a été lancé. À mes côtés, une seule autre conseillère. J'ai été mise en nomination au Gala Uni-Vers en tant que conseillère en voyages de l'année, j'ai reçu une mention d'honneur par le magazine PAX (gourou des médias sociaux), j'ai reçu de nombreuses invitations pour des événements un peu partout dans le monde... Tout allait bien, jusqu'au 13 mars 2020.



Pouf! La pandémie de COVID19 frappe le monde entier. Les avions sont cloués au sol, les frontières ferment les unes après les autres. Pendant un mois, ça a été le chaos total à l'agence : on a dû rapatrier des voyageurs qui étaient à l'autre bout de la planète, on pataugeait entre annulations et remboursements, on devait attendre des heures, voire des jours pour avoir des réponses de nos fournisseurs. Puis, plus rien. Silence radio. Notre métier a été mis sur pause pendant deux longues années. Les étoiles étaient ironiquement alignées pour moi : même si ces deux années ont été de loin les pires de ma vie professionnelle, la vie a fait en sorte que j'aie pu continuer à avancer.


Je rédige cet article le 5 juin 2022. Même si la pandémie n'est pas encore tout à fait derrière nous, je peux affirmer avec fierté que l'agence ainsi que la division que je dirige se portent à merveille. On a battu des records de ventes dans les derniers mois, mon équipe comporte maintenant non pas deux, mais bien dix conseillères! J'ai eu deux ans pour travailler sur l'image de marque de la compagnie, bâtir mon équipe et coacher chaque membre. Je suis restée présente pour mes clients - les anciens comme les futurs - et ça a porté fruit : ils se rappellent tous de mon équipe et de moi-même quand vient le temps de planifier leur voyage. Peut-être même que vous faites partie de ceux qui m'ont contactée récemment!


Alors voilà. C'est mon cheminement. Maintenant, je vous aide à tracer le vôtre! Pensez-vous avoir l'étoffe d'un.e pro du voyage? Les prochains articles devraient vous convaincre de vous lancer... ou pas!